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 Planeta Incognita

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Delfr
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MessageSujet: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:33

Etant donné qu'il m'est pour l'instant impossible de poster en tant qu'auteur dans la partie "Ecrit par divers auteurs", je poste ici...


Mon premier chef-d'oeuvre... (soyons modeste:D)




Planeta Incognita




Par DelfrCorp

Alias Frédéric Deléglise







Chapître I – De la théorie du commencement.

Au commencement , il y avait « Lui ». Il n'avait pour but premier et volonté première que de comprendre le monde et l'univers qui l'entourait, et faire partager à ceux de son espèce qui le souhaitaient ses découvertes. Son existence connut quatre cycles.
Le premier cycle fut celui de la découverte.

Contrairement à ses prédécesseurs et ancêtres, il avait dans sa quête de connaissances un atout majeur. Il avait « La Faculté », une connaissance innée, ou plutôt une facilité d'apprentissage innée. Il comprenait quasi-instantannément tout ce qu'il pouvait observer, le fonctionnement des choses qui l'entouraient, quelles qu'elles soient. Le savoir affluait progressivement, jour après jour, en lui. Chaque heure, chaque minute, chaque seconde apportait son nouveau lot de découvertes. Et plus il apprenait, et plus sa capacité d'apprentissage devenait efficace, précise et juste.

A chaque nouveau phénomène, à chaque nouveauté se présentant à lui, son cerveau analysait, décryptait, enregistrait et finalement, interprétait. A chaque problème sa solution. Malgré sa déconcertante faculté, sa méthode de pensée n'était guère différente de celle des humains ordinaires. Il cherchait toutes les interprétations possibles, toutes les hypothèses imaginables, puis, au fur et à mesure de ses observations, suivant l'évolution des évènements, il éliminait tout ce qui lui semblait invraisemblable, incorrecte ou peu probable, restreignant le champs de possibles au minimum, jusqu'à trouver la solution qui lui paraissait la plus juste.

Au fur et à mesure, sa perception des choses s'affina, ses raisonnements tendaient de plus en plus vers la vérité, la vraie solution, la vraie nature des choses. Plus il se développait physiquement et psychiquement et plus ses facultés de compréhension et d'interprétation s'amélioraient, s'avéraient efficaces, aiguisées, mais aussi s'accroîssaient..

Alors qu'au début du premier cycle, il ne pouvait traiter qu'une quantité infime d'informations en même temps, et qu'il mettait parfois des heures à trouver des réponses imprécises à toutes ses questions, vers la fin de celui-ci, son cerveau était capable de traiter des milliards d'informations, de la plus utile à la plus ridiculement inintéressante d'un point de vue humain en un centième de seconde. Tous les paramètres de son envirronnement direct ou indirect affluaient en lui, étaient claculés, recalculés, analysés, traités, mis de côté pour analyse plus approfondie plus tard.

Cette foule d'information saturant son cerveau et l'obligeant à travailler constamment à son potentiel maximum faillit le rendre complètement fou, en tout cas d'un point de vue humain. Il eut très rapidement et dès son plus jeune âge, des tendances autistiques légères, et qu'il réussit plutôt bien à contrôler au vu de ce qui se passait dans sa tête.

Essayez de penser, de réfléchir de manière intense à quelque chose, et ce de manière continue, de manière cohérente pendant un laps de temps donné assez long. Vous conviendrez qu'il ne s'agit pas de l'exercice le plus aisé qui existe pour un humain. De nombreux facteurs peuvent vous mener à la distraction, vous détourner de votre sujet de réflexion. Imaginez maintenant qu'aux cours de votre réflexion, des milliards de facteurs de distraction affluent dans votre cerveau en même temps.

Tel était « Lui » à la fin du premier cycle.
Si ce cycle ne fut pas le plus « heureux » de son existence, il ne fut malgré tout pas le plus malheureux ni le plus sombre.
C'est à la fin du premier cycle, ou au commencement du deuxième, personne ne saurait vous dire exactement, que sa vie bascula définitivement, menant inexorablement vers le troisième, puis le quatrième cycle.

Si le monde à la fin de cette première étape de sa vie avait été radicalement différent, qui sait ce qu'il serait devenu et quelle aurait été son oeuvre dans cet univers???
Il est fort probable que le monde en aurait été fortement boulversé, voire même définitivement et irrémédiablement marqué, pour le meilleur, ou pour le pire...
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:37

Chapître II – Disparitions.



Hela était caissière de supermarché. Elle aurait pu être avocate, médecin ou même diplomate...
Mais pour ça il aurait fallut qu'elle puisse aller étudier.

Elle avait toujours été la plus forte à l'école, la meilleure. Toujours les meilleures notes. Jusqu'au début de sa première, jusqu'à ses seize ans, elle avait toujours été une élève assidue, toujours à l'heure en cours, toujours attentive, travaillant d'arrache-pieds pour obtenir les meilleurs résultats possible, pour prouver qu'elle était capable. Elle était l'héroïne de sa Zep à cette période. Celle qui irait loin, celle qui étudierait, qui obtiendrait un bon poste, et sortirait de la cité. Celle qui militerait pour ses pairs, celle qui manifesterait et remuerait ciel et terre pour montrer la situation précaire dans laquelle vivaient les gens de la cité aux politiciens, qui leur dirait la vérité en face, d'égal à égal, de personne ayant pu étudier à personne ayant pu étudier.

Ce temps là était révolu. Elle était caissière au supermarché du coin. Elle voyait ses anciens camarades classe, passer tous les jours dans les rayons, certains piquant tout ce qu'il pouvaient, fourrant dans leur poche un maximum de trucs inutiles et hors de prix. D'autres l'insultaient quand ils passaient. Pour certains jeunes des cités, dont l'éducation était plus que minime, respecter une caissière au supermarché du coin était inimaginable. Le gouvernement avait décidé de les laisser croupir dans leurs trous plutôt que de leur offrir une chance de s'en sortir en leur fournissant une formation ne serait-ce que minimum. Il ne fallait pas attendre d'eux qu'ils respectent les institutions, ni quoi que ce soit d'autre d'ailleurs.

Ceux qui s'en étaient le mieux sortis passaient à la caisse, la regardaient avec un pauvre sourire, , un bonjour quelques peu forcé, et parfois, une forme d'air de pitié qui la faisait rager et bouillir intérieurement. Elle valait mieux que ça...

Elle n'aurait jamais dû être caissière. Mais dans les cités, personne ne contrôle réellement son destin. Celui-ci peut vous rattraper n'importe quand, même dans les moments les plus inattendus. Et quand il vous a mis le grappin dessus, plus rien ne l'arrête, c'est la descente aux enfers inexorable.
Son destin a elle semblait tout tracé, à la fin de son exemplaire Terminale, elle aurait obtenu un Bac avec mention très-bien, peut-être même Excellent. Elle aurait obtenu une bourse dans n'importe quelle bonne université. Elle aurait étudié ardemment, décroché un diplôme, et serait sortit de sa situation de misère. Elle était promise à de grandes choses. Ses parents l'auraient sans aucun doute soutenu, l'auraient encouragé, et aidé dans son ascension vers une vie meilleure.

Ses parents...

Son père, Aziz Ben-Abd-Al-Mû'Min, était Algérien de naissance, un berbère, venu en France pour trouver une vie meilleure, un travail, de l'argent à envoyer au Bled. Il s'était vite confronté à la dure réalité. La France avait besoin de lui, certes, mais pas pour les métiers les plus reluisants. Mais il était un homme courageux. Il avait retroussé les manche, et effectués les travaux les plus ingrats les uns après les autres, d'éboueur à balayeur, de nettoyeur de carreaux à travailleur à la chaîne dans une grosse usine de conditionnement d'aliments, le tout pour un salaire de misère.
Il ne s'était jamais plaint, mais il aurait eu matière à...

Le seul logement qu'il avait pu se payer avec son salaire était un appartement misérable dans l'une de ces immondes barres HLM, qui aujourd'hui, sont destinées, à plus ou moins court terme, à la destruction.

Il avait rencontré celle qui allait devenir sa femme dans ce même supermarché dans lequel Hela travaillait aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:38

Il avait adressé un magnifique sourire à la jolie caissière qui avait encaissé ses quelques provisions de la semaine. Elle avait rougit. Les semaines suivantes, il était retourné à la moindre occasion dans ce qui n'était à cette époque qu'une supérette, passant étrangement à chaque fois à la même caisse. Il avait ce don étrange d'apparaître à la caisse avec ses article pile au moment ou celle-ci se libérait ne serait-ce que pour que quelques secondes. Il prenait alors tout son temps, passant ses articles un par un, juste assez lentement pour ne pas exaspérer mais assez pour gagner un maximum de temps. Il en profitait alors pour discuter autant que possible avec la charmante demoiselle, une brune aux yeux d'un bleu hypnotisant.

De fil en aiguille, ils en vinrent finalement à se retrouver tous deux devant le maire de la cité, qui les unit pour la vie.

Ce fut une union discrète, sans réelle célébration, la famille de la jeune fille désapprouvant cette union avec un « étranger », un « immigrant maghrébin sans le sous », et la famille du jeune homme vivait bien loin, de l'autre côté de la Méditerranée .

De cette union, au début des années 90, naquit la petite Hela, qui grandit une relative pauvreté, mais aussi dans l'amour infini que lui portaient ses parents et un bonheur fait de choses simples.
Ses parents lui offrirent la meilleure éducation qu'ils pouvaient se permettre de payer, c'est à dire une éducation de quartier. Si ce n'était pas dans les meilleures des écoles, il s'agissait certainement des moins mauvaises des cités environnantes.

Il obtint la nationalité française vers le milieu des années 90. le fonctionnaire qui établit ses papiers de naturalisation, par fainéantise ou par bêtise, écorcha le nom de celui-ci, et par la force des choses, il devint Aziz Ben-Ali.

Hela était avait presque terminé sa première au lycée quand un premier drame eu lieu.

Le père de Hela, après 20 ans passés à travailler fidèlement, assidûment dans la même entreprise, aurait pu bénéficier d'une légère augmentation de salaire. Il n'avait jamais eu en 20 ans l'idée de demander la moindre amélioration de ses conditions de travail. Un syndicat auquel il n'avait d'ailleurs jamais adhéré le poussa à demander cette augmentation, pour donner l'exemple, pour que les autres n'hésitent plus, pour faire un pied de nez au patronat, pour prouver que leurs adhérants ne payaient pas une cotisation pour rien, pour titiller les PDGs de l'entreprise. Ceux-ci refusèrent d'offrir cette prime pourtant méritée. Aziz ne chercha pas plus loin.

Le syndicat, lui, contre l'avis du pauvre homme, menaça de porter l'affaire devant les prud'hommes. Le lendemain, Aziz reçu sa lettre de licenciement, assortie d'une prime ridiculement basse et d'une lettre d'excuse expliquant que ce licenciement faisait partie d'un plan de restructuration de l'entreprise prévu de longue date. Ils avaient décidé de remplacer la main d'oeuvre plus chère du fait de son ancienneté et de son expérience, par une main d'oeuvre plus jeune et donc moins coûteuse
La menace du syndicat en question n'avait fait qu'accélérer le processus.

Pointant désormais au chômage à passé 50 ans, les chances pour Aziz de trouver du travail étaient maigres. La mère de Hela dû se remettre à travailler, et faire des heures de ménage à droite et à gauche dans les beaux quartiers de la ville pour qu'ils puissent joindre les deux bouts.
C'est en sortant du bâtiment de l'ANPE locale qu'Aziz connut la fin de son histoire, sur le capot d'une voiture volée en fuite, après le braquage de la poste du coin.

La pension de veuvage que touchait sa mère ajoutée aux heures de ménage, auraient pu permettre à Hela de continuer sa scolarité normalement.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:38

Celle-ci fit alors une décision qu'elle allait regretter amèrement. Elle décida de momentanément suspendre sa scolarité pour travailler au supermarché du coin, afin de soutenir sa mère durant cette période difficile, afin qu'elle n'ait pas à travailler, gérer leur situation financière difficile et faire son deuil en même temps.

Celle-ci avait d'abord refusé que sa fille fasse un tel sacrifice, mais elle n'avait plus cette volonté de fer qui était la sienne avant la mort de son mari, et était au bord de la dépression. Ce n'était qu'une solution provisoire, un « plus » le temps de stabiliser leur situation économique. Sa fille referait une terminale, elle retournerait au lycée l'année suivante et passerait son BAC, et irait étudier...
Ce fut l'erreur qui mena Hela à sa situation actuelle.

Au cours de l'été qui suivit, Hela eut ses 18 ans. Elle avait travaillé pendant presque 5 mois, au supermarché, sans interruption, sans vacances, et s'apprêtait à retourner au lycée, pour faire sa terminale. Au cours de ces derniers mois, elle avait dut quasiment tout gérer par elle-même, la santé de sa mère s'étant soudain fortement aggravée. Celle-ci avait fait plusieurs dépressions nerveuses graves dont 2 à une semaine d'intervalle, au cours du mois de Juillet.
Elle n'était plus la même femme, elle était changée profondément. Ne souriant plus que tristement à sa fille, ne se nourrissant presque plus, se morfondant dans de douloureux souvenirs.
Elle avait même tenté de se suicider, en avalant un tube entier d'un somnifère assez puissant. Elle fut sauvée in-extremis par sa fille, rentrée plus tôt du travail.

Deux semaines avant la rentrée, elles fit une nouvelle crise et dut être internée dans un hôpital.
Elle y mourut une semaine plus tard, après s'être laissée tomber du toit de l'hôpital sur lequel elle était allé se réfugier, après avoir déjoué la surveillance du personnel hospitalier, trop peu nombreux et débordé par leurs patients.

Hela passa une semaine entière ballottée entre les diverses administrations, notaires et autres pour faire régulariser les questions de l'enterrement et sa situation civile, des dispositions prises par ses parents au cas où ils leurs arriverait un accident et qu'elle se retrouvait seule. L'assurance souscrite en question était valable si ses deux parents mourraient, de causes naturelles, par accident ou de maladie. Sa mère s'étant suicidée, aucune prime d'assurance, pas un centime ne pouvait être versé, pour cause de rupture de contrat, arnaque à l'assurance lui avait-on négligemment jeté au visage avant de lui demander sèchement de dégager le plancher si elle ne voulait pas qu'on appelle la sécurité...

Elle n'eut pas le temps de faire son deuil.
La rentrée arrivait à grand pas, et elle ne pourrait certainement pas gérer le logement et les factures, un job et sa scolarité de front, en même temps. Il lui fallait trouver une solution,

Hela hérita du maigre pécule laissé par ses parents, mais aussi de nombreux ennuis.
Étant majeure et ayant un emploi à peu près stable, l'administration ne « pouvait rien faire pour elle. Elle ne bénéficia d'aucune aide. Pourquoi lui offrirait-on des « Privilèges » quelconques???
Elle avait passé 18 ans, un job, un logement dont elle pouvait payer le loyer, et avait volontairement quitté l'école pour aller travailler. Si elle n'avait pas abrégé sa terminale, ils lui auraient peut-être offert la possibilité d'étudier, l'auraient peut-être aidé un peu plus.
Mais pour un tel cas, Hela était la seule responsable de sa situation. Il s'agissait de sa décision, elle devait maintenant en assumer les conséquences. L'état n'avait pas d'argent à perdre pour les indécis...

Hela avait expliqué mille fois sa situation, mille fois, on lui avait répondu que cela ne changeait rien à son dossier. Inlassablement, les fonctionnaires à qui elle s'adressait lui répondaient qu'ayant un salaire, qu'étant majeure, ayant un logement et ayant cessé sa scolarité pour exercer une activité professionnelle, elle ne pouvait en aucun cas bénéficier d'un quelconque programme de financement de scolarité ou de bourse d'étude.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:38

D'administration en administration, la réponse était à chaque fois la même, « non, au vu de votre situation, et après étude de votre dossier, vous ne pouvez pas bénéficier des aides proposées par notre administration ». Immanquablement, on l'envoyait vers une autre administration encore, « peut-être qu'eux pourront vous inscrire à tel ou tel programme. Et à chaque fois tombait le même non inhumain, déchirant, horrible à entendre par une jeune fille venant de perdre ses parents, apprenant la perte de son avenir, du même coup.

Pouvant à peine payer le loyer de l'appartement qui appartenait à ses parents avec son salaire, elle déménagea peu de temps après, elle quitta le petit appartement pour un petit studio minable, au dernier étage d'une barre d'immeuble, qu'elle aménagea de son mieux et décora aussi bien que possible, afin de rendre le quotidien moins morne et moins décourageant. C'était petit, légèrement délabré, mais douillet, chaleureux et entretenu avec autant de soin que possible. Une bulle hors de ce monde, aménagée avec goût, avec des objets plus ou moins exotiques achetés à bas prix dans un de ces magasins de décoration peu chers comme il en fleurit des centaines chaque années.

Elle avait tout fait pour rendre le quotidien supportable, mais son avenir, à moins d'un miracle était désormais borné à cette cité, ces quartiers en décrépitudes, et cette perspective assombrissait sa vie.
Plus de joies, plus d'études, plus de grands plans, plus d'avocate, plus de médecin, plus de diplomate. Plus que les rues oppressantes de la cité, plus qu'un travail de caissière, plus qu'un salaire minable, plus que la vie entière pour se morfondre et regretter les choix qui l'avaient mené ici, même si ceux-ci étaient naturels et humains. Qui abandonnerait sa mère dans un moment difficile pour finir ses études???

N'importe qui aurait fait pareil dans une telle situation. Mais elle en subirait les conséquences tous les jours de son existence. Seul un miracle pouvait désormais la tirer de sa situation.
Hela était caissière...

Elle était une magnifique jeune fille de 18 ans et des poussières. Cheveux bruns ondulés, des yeux d'un bleu intense, bleu cobalt, avec de légères striures turquoises près de la pupille. Plutôt grande, mais pas trop, la peau légèrement tannée, mince, la musculature fine mais assez prononcée pour qu'on la remarque. Elle savait s'entretenir physiquement. La silhouette fine et légère, quelques formes, bien proportionnées, et des traits de visage, qui malgré la fatigue et le chagrin, laissait encore transparaître une certaine fraîcheur, une certaine insouciance, malgré tous ses problèmes, une certaine naïveté, ou une candeur touchante, due à sa jeunesse.

Mais sa relative pauvreté, sa situation actuelle et son lieu de logement et de travail faisaient de cette beauté presque un handicap.

Certains hommes lui jetaient des regards chargés de convoitise, brillant bien souvent d'une certaine lueur malsaine, les blagues de mauvais goût étaient légion aussi, elle pouvait rarement se balader dans la rue, ou rentrer du travail sans entendre les éternels « T'es Bonne » ou d'autres propositions plus déplacées encore.

Elle savait qu'elle n'était pas à l'abri, un jour ou l'autre d'être agressée, voire pire...
Ce n'était pas la police qui l'empêcherait. Pas ici... Les forces de l'ordre restaient terrés dans leurs postes de police, espérant que leur bâtiment ne serait pas caillassé au cours de la journée, ou priant pour ne pas avoir à faire une sortie. Parce que quand ils sortaient, on les insultait au passage, quand ils avaient de la chance, et d'autres jours, plus difficiles, on lapidait leur voitures, on jetait toutes sortes d'objets sur eux. Il leur était même arrivé de recevoir des cocktails Molotov sur le toit de leurs véhicules.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:39

Généralement, en cas d'agression, de bagarre, de problèmes, de cris, d'appels à l'aide, tout le monde s'éloignait de l'endroit, sans même songer à aider, ou à porter secours, et quand la police arrivait, tout était finit, ils ramassaient les blessés, interrogeaient les quelques témoins qui avaient assisté à la scène et qui ne s'étaient pas trop éloignés et cherchait quelques indices pouvant les aider à retrouver les coupables. La loi du silence chez les témoins étaient de rigueur, tous avaient assistés à la scène, personne n'avait rien vu, personne n'avait vu le ou les agresseurs, parfois même, les agresseurs devenaient les victimes dans certains témoignages.

Si par malheur elle devait se trouver dans une telle situation un jour, elle savait qu'elle ne pourrait compter que sur elle même, elle devrait se défendre seule, elle ne pourrait compter sur personne.

Sa vie était désormais une longue descente aux enfers. Les jours passaient, répétitifs, ternes, elle n'avait plus vraiment de loisirs, elle passait la majeure partie de son temps au travail, ou chez elle. Elle n'avait plus les moyens de sortir, d'aller au cinéma, de s'acheter des livres. Elle se rendait de temps à autres à la petite bibliothèque municipale, emprunter quelques livres en mauvais état. Son temps libre, elle le passait dans sa bulle, son autre monde, ce qui serait très certainement son appartement pour de nombreuses années à venir. C'était étroit mais plein de chaleur. Le seul endroit ou elle se sentait bien, à l'aise.

Elle pouvait y passer des heures, voire même des week-end complets sans en sortir, à lire, regarder la télé, regarder le soleil par la fenêtre. L'un des seuls vrais avantages de ce studio était son ensoleillement. Il y avait une grande fenêtre, et un petit vasistas au plafond, qui faisaient qu'à tout moment de la journée le soleil inondait la pièce de lumière.

Elle aurait aimé que le reste de son environnement soit à l'image de son appartement, chaud, chaleureux même, brillant, exotique, ouvert sur le reste du monde. Elle aurait aimé vivre dans de vastes étendues de nature, loin de tout ça, loin d'ici, très loin d'ici. En Afrique peut-être, ou dans une oasis. Elle rêveait de vastes plaines aux grandes herbes, de champs sauvages, de nature, de broussailles, d'océans de verdure, de savane. Mais elle restait confiné dans un univers de béton, gris, pollué, fade et morose.

Cela faisait maintenant un peu moins de quatre mois qu'elle aurait dut reprendre sa scolarité. Un peu moins de quatre mois passés à travailler au supermarché au lieu de cela. Un peu moins de quatre mois depuis la mort de sa mère.
Noël approchait à grands pas, plus que que quelques heures avant le début des festivités, le froid, dehors, était empreint d'humidité et mordant, glacial. L'eau gelait dans les flaques, de la neige était tombée même, puis s'était durcie, glacée, et recouverte d'une couche gris-noir de pollution. Hela regardait tristement le jour tomber à l'extérieur, faisant passer les articles des clients un à un, consultant sa montre sans arrêt, espérant que sa journée en finirait bientôt. Il ne lui restait plus que 3 clients à passer. Elle était la dernière à travailler ce soir-là, le Vingt-trois décembre au soir. Ses collègues étaient rentrées plutôt pour aller préparer les fêtes en famille. Elle, avait accepté de travailler jusqu'à la fin de la journée. Quelles fêtes pourrait-elle bien préparer???
Et avec quelle famille??? Même ses anciennes amies, qui l'avaient un peu aidée et soutenue au début, qui avaient juré de garder contact avec elle, la désertaient maintenant.

Elles s'étaient faites de nouvelles amies, qui elles, pouvaient se payer un cinéma, des sorties, parce qu'elles avaient encore des parents pour s'occuper d'elles, et parce qu'elles n'avaient pas à travailler toute la journée, ni à gérer tous les soucis et tracas du quotidien et de la vie.
Hela était seule, et avait perdu tout espoir quant au miracle de Noël.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:40

Il n'y aurait pas de fêtes pour elle cette année, pas de cadeaux, pas de repas extraordinaire, pas de famille, pas d'amis, pas d'amour, rien. Le néant...

Toute cette agitation frénétique la rendait malade et folle de chagrin à la fois, mais que pouvait-elle y faire???
Le dernier article venait de passer. Le dernier client, les derniers cadeaux de dernière minute. Le dernier paiement de la journée. Elle ferma sa caisse, sa seule collègue encore présente, celle qui s'occupait de l'accueil fermait le rideau métallique, elle s'était déjà changée, avait déjà enfilé sa veste, attrapé son sac et s'apprêtait à partir. Hela regarda le temps dehors, à travers le rideau. Il faisait déjà noir. Pas une étoile visible, la couche de nuages gris avait été trop épaisse toute la journée. Un homme emmitouflé dans une veste assez épaisse, regardait à travers les vitrines du magasin, certainement arrivé trop tard, l'air déçu. Il la regarda, leurs regards se croisèrent; elle détourna aussitôt les yeux, l'homme avait un regard chargé de haine, ou de rancoeur sèche, elle n'aurait pas su dire. Cette lueur malveillante et malsaine que certains hommes avaient dans les yeux quand ils la regardaient. Les cloches de l'église la plus proche semblaient appeler à la messe, aux rassemblements et à la fête.

Sa collègue lui demanda si elle pouvait lui laisser finir d'éteindre les lumières du magasin et de fermer à clé, Hela répondit par un hochement de tête, sa collègue partit alors en trombe lui souhaitant joyeusement de bonnes fêtes et de bien s'amuser au passage. Elle lui sourit tristement et finit de nettoyer sa caisse et de ranger l'argent. L'homme au dehors, était resté devant la vitrine, il avait reculé dans un coin d'ombre et semblait épier ce qu'il se passait dans le magasin.

Une fois son caisson métallique contenant la recette de la journée enfermé dans un casier métallique, elle éteignit toutes les lumières de magasin, une par une, puis se rendit dans les vestiaires, retira le t-shirt au logo du magasin de par-dessus ses vêtements, retira ses petites chaussures confortables, enfila sa veste, et une paire de bottines pour marcher dans la neige. Elle fit rentrer ses cheveux dans sa veste, enroula son écharpe autour de son cou, mit un bonnet sur sa tête, enfila une paire de petits gants. Elle remonta ses manches par-dessus ses gants, vérifia qu'elle avait bien rentré son pantalon dans ses bottines, pour ne pas qu'il devienne trempé au contact de la neige et de la glace. Elle finit par se diriger vers la porte de sortie, à l'arrière du magasin.

Elle ouvrit la porte, fit un pas en avant, et inspira une grande bouffée d'air glacial. Ses joues et son nez rosirent immédiatement. A travers ses gants, elle sentait le froid qui commençait à lui picoter le bout des doigts. Ses oreilles, mal couvertes rougirent quasi-instantanément sous les morsures gelées. Elle se trouvait dans une petite courette ouverte, à l'arrière du magasin, un local à poubelle et le coin pause des fumeurs pour être plus précis. Un long passage étroit offrait un passage sur le parking arrière du magasin au fond de cette courette. Elle sortit la clé du magasin de sa poche de jean, l'inséra dans la serrure, et la fit tourner deux fois sur elle-même, jusqu'à ressentir une résistance. Elle fit très légèrement tourner la clé en sens inverse pour la placer de manière à pouvoir la ressortir.

Elle commença à remettre sa clef dans sa poche en se retournant. Le pantalon était légèrement trop serré et elle dut se pencher un tout petit peu et baisser la tête au cours du mouvement pour mieux voir ce qu'elle faisait. Elle força un petit peu et la clé finit par rentrer. Elle sentait le métal gelé lui appuyer sur la cuisse, se réchauffant lentement au contact de son corps.

Juste avant de relever la tête elle frémit. Un frisson lui remontait la colonne vertébrale à toute vitesse. Elle sentit ses cheveux se hérisser et son dos se couvrir de chaire de poule.
Elle jeta un coup d'oeil rapide sur les poubelles au fond de la courette, près du couloir donnant sur le parking. Entre deux poubelles, elle vit deux yeux briller à la lueur d'une cigarette près de s'éteindre. L'inconnu retira la cigarette de sa bouche et l'écrasa sur la fine couche de glace recouvrant le couvercle de l'un de conteneurs. Il la jeta par terre d'un geste négligent et braqua son regard sur Hela. Elle eut un haut le coeur quand ses yeux croisèrent ceux qui la dévisageait. Les mêmes que ceux qui l'avaient épiée à travers le grillage à l'entrée du magasin. La même lueur malsaine, la même perversité à peine cachée.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:41

« T'aurais pas un clope??? C'était ma dernière là. Je voulais en acheter au bureau de tabac à côté de l'entrée, mais c'était fermé... »

Hela tressaillit au son de cette voix, éraillées, usée, susçurante, chargée d'une forme de violence contenue ou de malveillance, à la tonalité désagréable, et qui semblait presque menaçante.
Elle se reprit, s'ébroua, remonta le col de sa veste et y enfouit son visage. D'un souffle à peine audible elle dit « Je fume pas... ».

Elle rassembla tout ce qui lui restait d'assurance, reprit sa respiration, et dit un peu plus fort « Vous devriez pas être là, c'est réservé au personnel. Y a un bureau de tabac deux rues plus loin, ils sont ouvert presque toute la nuit. Essayez là-bas. »

L'homme s'avança, « Il fait froid ce soir vous savez ». D'un air railleur, il rajouta « Et j'ai pas envie de marcher jusqu'à là-bas tout seul, qui sait ce qu'il pourrait m'arriver ».

Il s'avança un peu, sortant de l'ombre. Il portait un bonnet qui cachait presque tout le haut de son visage, le col de sa veste cachait le bas, seuls ses yeux apparaissaient, translucides et brillants. Sa peau semblait pâle, presque transparente. Il avait des cernes au dessous des yeux, et des petites rides de fatigue tout autour.
« Toi. T'as les clés du magasin... Tu pourrais m'faire rentrer. Juste pour prendre un paquet. Y aurait pas de mal. Y s'en rendraient pas compte tes patrons. »

Elle savait qu'il fallait s'y attendre avec ce genre de type. Tous les mêmes. Elle avait espéré qu'il demanderait pas, même si elle n'avait pas douté une seconde au fond d'elle même qu'il le ferait.
Le cas classique de type qui vous cause des problèmes. Si elle refusait, il allait la harceler, se mettres en travers de son chemin, tenter de la forcer à accepter. Si elle acceptait, il reviendrait, redemanderait, toujours plus, et pour plus cher, et menacerait de la dénoncer si elle refusait la prochaine fois.

Elle savait que dire non lui apporterait des ennuis d'une manière ou d'une autre, mais accepter certainement plus, et elle ne voulait pas risquer son job. Sa situation était déjà précaire comme ça, elle ne voulait pas l'aggraver.
Une fois encore elle rassembla tout son courage, et répondit, de manière timide et ferme à la fois.
« Je peux pas vous laisser rentrer. J'ai pas le droit. Ça finirait par me causer des soucis. Je peux pas. Je suis vraiment désolée. »

Le type se rapprocha encore.
« Allez, personne le saura. Je te jure, je reviendrais pas t'embêter après ça. Promis. Y m'faut juste des clopes. »
Il se montrait insistant et se rapprochait, sa voix restait doucereuse mais se faisait de plus en plus menaçante.
« Qu'est-ce que ça te coûte à toi, Hein??? »

Il était maintenant à moins d'un mètre, et semblait vouloir encore avancer. Il puait le tabac et l'alcool. Il jetait de fréquents coup d'oeil vers la sortie, comme pour vérifier que personne ne pouvait les voir. Hela décida de battre en retraite. Elle recula, jusqu'au mur, réfléchissant à toute allure.
« Écoutez. Je peux pas, j'ai pas le droit. »
Il continuait à avancer. Elle commençait à paniquer. Il lui fallait une idée, rapidement.
« Écoutez... Je devrais pas faire ça, mais bon... Vous me donnez de l'argent pour payer un paquet, je rentre à l'intérieur, je prends un paquet, je vous le ramène et demain je m'arrange avec la gérante du Bureau de Tabac. »
Elle n'avait pas vraiment l'intention de faire ça. Elle voulait juste se mettre à l'abri, s'enfermer à l'intérieur, puis appeler du secours. Elle appellerait un de ses collègues. Un qui s'occupait des rayons, avec qui elle s'entendait plutôt bien. Il était plutôt costaud. Elle était sûre que si elle arrivait à rentrer seule, ça marcherait. Il viendrait aussitôt l'aider. Au pire elle appellerait la police.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:42

Le type se rapprocha encore.
« J'ai une meilleure idée... Je vais t'accompagner à l'intérieur. Un gentleman ne laisse pas une jeune et charmante demoiselle entrer seul dans un bâtiment sombre et obscur. Et je suis sûr qu'il fait bon à l'intérieur. On y sera mieux pour se réchauffer. Et comme ça je pourrais choisir moi-même mes clopes. On pourra aussi discuter un peu plus tous les deux. J'ai l'impression qu'on a plein de trucs à se raconter. T'as pas envie de profiter un peu de ces fêtes pour t'éclater avec quelqu'un d'autre???
Faut savoir profiter des plaisirs de la vie ma belle. Les plaisirs simples sont les meilleurs. »
Il était maintenant à quelques centimètres d'elle.

Son visage défiguré par un sourire vicieux se rapprochait du sien. Il s'apprêtait à lui poser les mains dessus. Ses intentions étaient claires, limpides. Il voulait l'agripper, la serrer de force contre lui, la caresser, qu'elle le veuille ou non. A cette idée elle eut un haut le coeur. Elle savait ce qu'il risquait de se passer si elle ne réagissait pas, mais elle semblait comme hypnotisée , subjuguée par l'expression hideuse du visage de l'homme, un rictus tordu, les narines relevées, les yeux brillants de convoitise et de lubricité, des petites barres de rides accentuant cette impression perversion.
Elle semblait incapable de réagir, son corps ne lui obéissait plus. Son cerveau hurlait, bouillait, rageait face à cette incapacité à la réaction. Tout son être lui intimait de partir, de courir, d'appeler à l'aide, de se défendre, mais elle était paralysée de terreur.

Il posa sa main juste au-dessus de sa hanche. Dans son mouvement pour l'attraper, il avait relevé en partie sa veste et ses vêtement. Sa main était en contact direct avec la peau de Hela. Ce contact agit comme un électrochoc pour elle. L'adrénaline afflua dans ses veines, elle eut à nouveau des soubresauts.

Elle pouvait bouger à nouveau, agir. Elle le repoussa aussi fermement et vigoureusement que cela lui était possible. Se baissa, pour passer sous ses bras, qui tentait de l'agripper pour se retenir de tomber et courut aussi vite que possible vers la sortie du local.

Dix mètres et elle serait dans la rue, où quelqu'un pourrait peut-être l'aider, où elle pourrait appeler à l'aide avec une chance d'être entendue, la rue, là où les jeunes qui la bousculaient souvent traînaient le soir.

Ils étaient désagréables, souvent pas très malins, rarement polis et se montrer fin en parlant aux filles dans qui passaient dans le quartier était un concept inimaginable pour eux, mais elle savait qu'ils l'aideraient si elle appelait à l'aide. La plupart n'était pas mauvais dans le fond, ils manquaient juste d'éducation. Ils avaient, malgré tous leurs défauts, un sens aigu de l'entraide, et n'hésitaient quasiment jamais quand un de leurs amis avait besoin d'aide, ou même à porter secours à une personne en danger.

L'homme s'était déjà relevé, il lui courrait après, elle le savait. Il devait être à moins de 5 mètre derrière elle.

Cinq mètres avant de déboucher sur le parking. L'inconnu l'avait déjà presque rattrapée. Elle sentait déjà son haleine dans son cou. Il soufflait fort, avec un râle de douleur mélangé à de la hargne. La respiration la plus terrifiante que Hela n'ait certainement jamais entendu.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:47

Un mètre. La lumière tremblotante d'un lampadaire sur le parking commençait à l'éclairer. Elle s'apprêtait à crier, à appeler quand elle se sentit empoignée par le col.
Elle tenta de se dégager en se retournant à moitié, secouant le bras de son agresseur, mais emportée par son élan, elle dérapa sur la croûte de glace qui s'était formée sur le sol au cours de la journée.

Elle tomba à genou, l'inconnu l'empêcha de chuter complètement en tirant brutalement sur son écharpe. Lui appuyant sur la gorge et l'étranglant à moitié du même coup. Son cri fut aussitôt étouffé. L'homme appliqua sa main sur la bouche pour étouffer un autre cri et lui mit un coup de pied d'une violence inouïe dans les côtes. Elle entendit plusieurs craquements écoeurants.

Elle voulut hurler de douleur, mais aucun son ne sortit de sa gorge, la main de l'autre sur sa bouche était implacable, ne laissant pas un son filtrer hors de sa bouche.
Il l'étranglait à moitié en tirant sur l'écharpe aussi fort qu'il pouvait. Sa main empêchait Hela d'ouvrir la bouche, et lui écrasais le nez, l'empêchant de respirer.

Il continuait à la battre, toujours plus rudement, il lui mettait des coups de genou maintenant. La douleur était insupportable, et l'air commençait à manquer.

Elle était déjà à moitié inconsciente. Elle ressentait pleinement la douleur, sentait ses poumons brûler, tentant vainement d'obtenir un peu plus d'air, elle savait qu'il la tirait en arrière, la ramenait dans le local, mais était incapable de bouger, à nouveau incapable d'agir. Elle percevait encore tous les bruits, personne ne venait à son secours, elle n'entendait pas de bruit de souffle ou de course, pas de cris d'un éventuel sauveur. Personne ne l'avait entendue. Elle était seule et ne pouvait compter que sur elle-même. Mais plus ça allait et plus son esprit sombrait.

L'homme se parlait tout seul, ou lui adressait des menaces. « Viens par la ma belle... Je vais te faire ta fête... Tu vas voir, tu vas adorer... Tu sais, ça aurait pu se faire plus doucement si tu t'étais montrée gentille. J'aurais pas eu besoin de te frapper si tu t'étais laissée faire. C'est de ta faute tout ce qui t'arrives... J'aime pas être violent... Mais fallait pas me contrarier ma jolie... »


Ses oreilles se mirent à siffler, elle ressentait toujours la douleur, mais de façon distante. Elle savait qu'elle souffrait énormément mais c'était comme si elle se contemplait elle-même, comme si elle était sortie de son corps et se regardait souffrir. C'était une souffrance empathique plus qu'une véritable souffrance. Comme quand on voit quelqu'un avoir mal ou souffrir et qu'on ressent sa souffrance parce qu'on sait à quel point ce qu'il subit doit être douloureux.

Ils arrivèrent enfin dans le local. A peine quelques secondes s'étaient écoulées, et pourtant, cela lui avait paru être une éternité.

L'homme retira sa main de son visage, mais avant qu'elle ne puisse crier, elle reçut un formidable coup de genou au visage. Son arcade sourcilière droite se déchira instantannément et elle sentit son nez éclater, se remplir de sang. Une explosion de douleur atteignit son cerveau.

Elle voulut crier à nouveau, mais reçut un coup de poing rageur sur la joue droite. La douleur dans le nez et à l'arcade explosa à nouveau. La peau se déchira légèrement au niveau de la promette et elle sentit plusieurs de ses dents bouger sous le choc. Son visage était couvert de sang, sa bouche s'en remplissait.

La souffrance s'accentuait, l'envahissait, retentissait dans toutes les fibres de son corps. Elle avait la bouche ouverte mais l'air ne rentrait toujours pas, le sang coulait à bouillon de son nez. Elle avait l'impression de se consumer de l'intérieur. Tout son corps appelait maintenant désespérément l'inconscience, le moment salvateur où elle perdrait connaissance.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:48

Mais elle savait que si par malheur cela arrivait, ce serait la fin de tout. Et elle luttait férocement pour se maintenir éveillée. Elle appréhendait grandement ce qui allait se passer, des larmes se mêlaient au sang. Elle pria pour que son supplice s'arrête.

Elle fut brusquement projetée contre un conteneur, tête la première. Elle était désormais à plat ventre, le visage plaqué contre la neige. Une partie de sa lucidité revint au contact de la douce fraîcheur de la neige contre sa peau. La douleur en devint d'autant plus insupportables, mais elle sentait à nouveau l'air glacial entrer et sortir de ses poumons. Ce n'était qu'un râle, un souffle, mais la vie et la conscience affluaient à nouveau en elle.

La neige rougit rapidement et tiédit, fondant peu à peu sous les flots de liquide rouge écarlate s'échappant de ses blessures au visage. Une petite flaque se formait là où reposait sa tête.

L'inconnu s'assit sur elle, fouilla son sac et ses poches, une par une, retira tout ce qui pouvait s'y trouver, tout en continuant de l'insulter et de lui parler et de se parler tout seul. Il jeta tout ce qui ne l'intéressait pas, et enfouissant dans ses propres poches tout ce qui semblait avoir de la valeur. Il sortit les clés du magasins, les regarda, puis jeta un oeil à Hela, toujours immobile. Il porta son attention au clé un instant, puis les empocha d'un air vicieux « Plus tard... J'ai bien plus amusant et intéressant sous la main là. »

Pendant ce temps, Hela sentait revenir ses sensations et esprits petit à petit. Elle sentait les mains de l'inconnu qui la tâtaient, exploraient ses poches. Elle savait qu'elles ne tarderaient pas à s'attarder sur autre chose que sur le contenu de son jean et de son sac. Elle serra les dents, elle ressentit aussitôt u ne douleur cuisante à la mâchoire, là où le coup de poing avait déchaussé, voire arraché plusieurs dents. Elle gémit.

« Mais oui ma beauté je vais m'occuper de toi. Sois patiente. »

Elle tenta d'ouvrir ses yeux. Ses paupières étaient collées par le sang qui s'était coagulé rapidement à cause de l'air froid et du contact avec la neige. Malgré tout, elle réussit à les ouvrir lentement. Des vagues de douleurs affluaient encore à son cerveau, sa vue en était fortement troublée.
Chaque vague était une torture, comme des coups de poignards plongés dans sa tête. Elle se demanda si elle reverrait un jour son appartement, ses collègues, si elle y survivrait, si l'inconnu la laisserait en vie, si elle reverrait un jour son appartement, son petit-nid, son autre monde, seul endroit où elle se sentait bien.

Elle avait désespérément envie de vivre, c'en était une véritable rage.
Ça devait être à cet instant précis qu'une idée incongrue traversa son esprit.
Elle avait trouvé ce qui n'allait pas dans sa vie. Elle n'appartenait pas à ce monde, à ce système, cette société. Ou plutôt, elle n'était pas faite pour ce monde, et ce monde n'était pas fait pour elle. Bien sûr, ces parents étaient de ce monde, elle y était née, elle y avait vécu, mais elle n'avait jamais réellement été à sa place dans celui-ci. Toujours en décalage par rapport aux autres. Alors que les autres avaient accepté leur destin et le système, s'y étaient intégrés, étaient rentré dans le moule qu'on leur avait prévu, elle était toujours allé à contre-courant.

Elle avait toujours eu soif de connaissance, de savoir. Elle avait toujours cherché à tirer le meilleur d'elle-même. Plus jeune, elle voulait devenir puissante en ce système, pour mieux pouvoir le révolutionner, le changer, le rendre meilleur. Mais aujourd'hui quelque chose avait changé. Elle avait changé. Elle ne voulait plus changer le monde, elle voulait changer de monde, plus simplement.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:49

Ce monde n'avait plus rien à lui offrir, elle n'avait qu'à en changer. En même temps que ces pensées affluaient en elle, elle se rendit compte de l'absurdité de celles-ci. Mais le rêve continuait. Elle changeait de monde. Elle voulait quelque chose de nouveau et d'ancestral à la fois. Toujours le même rêve, celui de sa bulle, celui qu'elle avait matérialisé dans son appartement, de la nature, partout, recouvrant la moindre parcelle de terre émergée, des savanes, des plaines, de grandes herbes, des forêts, des montagnes, des plantes, la mer, des falaises. Un monde vierge, que l'homme n'aurait pas violé et défiguré, pervertit. Un monde où les hommes pourraient vivre en communion avec leur environnement et la nature, où ils pourraient vivre en paix entre eux. Ou les rapports humains seraient bons et dénués de ce qui a fait de notre société ce qu'elle est.
Un rêve anarchique, où la vie des hommes ne serait pas régie par des règles absurdes, où la vie serait bonheur.

Elle voulait de ce nouveau monde, cette nouvelle chance, la chance d'aider à créer une nouvelle société, une nouvelle civilisation, une nouvelle ère, une nouvelle humanité, ailleurs...

L'homme venait de parler. Elle n'avait pas compris ce qu'il avait dit. Mais elle compris quand ses mains cessèrent de s'occuper de ses maigres possessions et commencèrent à vouloir explorer son intimité.

Sa vue redevint nette. Son esprit était encore déconnecté de la réalité. Elle était encore plongé dans sa « félicité » et ses rêves d'impossible. La première chose qu'elle vit, fut les roulettes de l'un des conteneurs, à quelques centimètres de son visage seulement. Et sous ce conteneur brillait quelque chose, un objet réfléchissait la lumière. Une canette, ou un quelconque objet métallique pensa-t'elle d'abord. Non... De la lumière émanait de l'objet, elle n'était pas reflétée, il faisait extrêmement sombre sous ce conteneur, la lumière devait logiquement venir de cet objet.

L'objet était long et fin, enroulé sur lui même, comme un reptile autour d'un arbre. Il avait une teinte dorée. Il était recouvert de petites gravures, de ciselures, comme des écailles dont certaines étaient recouvertes de symboles, ou d'écritures.
L'objet était terminé par une tête de serpent, avec deux yeux d'un vert-bleu flamboyants.

Elle eut d'abord une pensée stupide, « Un serpent doré??? Qu'est ce qu'il fait là??? », puis elle se ravisa. C'était un bracelet, comme certains de ces bracelets pseudo-égyptiens pas chers qu'on peut trouver à certains étals sur les marchés. Mais celui-ci était magnifique, parfait, il ressemblait à un vrai serpent.

L'homme s'était relevé et essayait de la tourner sur le dos. Elle s'agrippa instinctivement à l'une des roues du conteneur et tenta faiblement de résister. Elle n'y gagna qu'un coup de pieds dans les côtes, réveillant à nouveau toutes ses douleurs. Ce coup de pieds l'éloigna légèrement de sa place précédente. Elle se recroquevilla, se replia, tel un nouveau né. En position foetale. Elle tendit le bras, non pas pour se protéger cette fois-ci, mais pour tenter d'agripper à nouveau l'une des roues de la poubelle. La roue était trop loin. Elle tendait les doigts et le bras au maximum, grimaçant de douleur, mais elle ne faisait qu'effleurer le bord en plastique du vide-ordure.

L'homme semblait la contempler. Il était debout et la regardait dans ses efforts désespérés, souriant.
Il se déplaça, et lui remit un coup de pieds, l'éloignant définitivement de son objecctif, ruinant tout ses efforts. Ce coup l'avait remise à peu près à l'endroit où elle se trouvait quand il lui faisait les poches.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:49

Elle tendit à nouveau le bras droit, plus ou moins inconsciemment, pas vers la roue cette fois ci, mais vers le serpent. Elle l'avait presque atteint quand l'homme se pencha à nouveau vers elle. Dans un mouvement de panique et dans un effort insensé, elle déplia son bras et ses doigts sous le conteneur, pour attraper l'objet. Elle effleura le bijou, au niveau de la tête du serpent.
Elle ressentit alors une vive douleur au bout du doigt qui venait de toucher le bracelet.
Son bras se replia instinctivement.

L'homme l'allongea sur le dos, la déplaçant un peu à nouveau. Il se rassit, et commença à aventurer ses mains sur le corps d'Hela, la palpant, par dessus ses vêtements. Il semblait y prendre énormément de plaisir. Il soufflait bruyamment, des râles et des ricanements de plaisir émanaient de sa gorge. Il admirait sa proie avant d'en prendre possession.

Elle, semblait se moquer éperdument de ce qu'il faisait. Elle ramena sa main droite vers son visage. Un sensation cuisante, irradiante l'envahissait rapidement, remontant le long du doigt. Au bout du doigt, la douleur s'accentuait, c'était comme si on l'avait mordue, ou comme si le serpent l'avait mordue. Comme si son doigt avait été transpercé de part en part par de minuscules crocs. Ça brûlait, ça faisait mal, très mal. Et la douleur s'étendait. Son doigt semblait comme perforé par des millions d'aiguilles. La souffrance était inhumaine, bientôt ce fut toute sa main qui subit ces douleurs. Elle en vint à souhaiter que sa main soit coupée, qu'elle puisse s'en séparer tellement ce qu'elle ressentait était atroce.

Elle regarda sa main, le bout de son doigt semblait à vif. Pas une trace de blessure ou de brûlure, mais d'une teinte rouge écarlate, comme si elle avait été ébouillantée à cette endroit là. D'abord une petite tâche, celle-ci grandissait, s'étalait, au fur et à mesure que la douleur devenait forte et gagnait le reste de la main puis du bras. En même temps, des étincelles dorées semblaient crépiter partout dans sa main. Ces étincelles semblaient même sortir de sa main par endroits. Sa main crépitait de toutes parts de ces étincelles, et ce qui semblait maintenant être une infection gagnait le bras, à la suite de la tâche rouge.

Jamais au cours de sa vie Hela n'avait observé pareil étrange phénomène.
La où les étincelles faisaient surface, elles ne jaillissaient pas hors d'elle comme elle s'y était d'abord attendue. Une fois apparues, elles restaient sur la peau, scintillaient, et finissaient par se fixer . Au fur et à mesure, de petites tâches dorées se formaient. Un dessin naissait, apparaissant sur la peau tel un tatouage, des courbes se traçaient, des motifs se fixaient sur la peau, mélange d'entrelacs celtiques, d'enluminures gotiques comme on peut en observer sur certains certains anciens ouvrages, et de courbes et arabesques typiques du style Mehndi, un art du Henné en Inde dont elle avait pu admirer certaines oeuvres dans un magasine qui consacrait un article aux tatouages à travers le monde.

Certains lignes ou courbes se ramifiaient au fur et à mesure qu'elles progressaient sur la peau, tel du lierre ou une plante grimpante. De minuscules motifs bourgeonnaient, fleurissaient tout au long des traits principaux, et s'étendaient ensuite aux ramifications, il s'agissait de feuilles minuscules, de fleurs, ou de figures purement stylistiques, toutes en entrecroisements et entremêlements.

La douleur continuait à progresser dans son bras, le dessin la suivait. Elle ressentait encore une sensation cuisante dans la main et l'avant bras, mais les picotements et les sensations de brûlures avaient disparu et commençaient à s'atténuer. Sa peau ne crépitait plus d'étincelles là où le dessin cessait sa progression, s'était finalisé. Sa main ne tremblait plus, elles s'était calmée, les petites tâches dorées formaient maintenant une fine fresque qui brillait sourdement dans la nuit

L'homme avait commencé à aventurer ses mains sous les vêtements, il voulait la déshabiller, il cherchait à défaire les boutons de sa veste, une main à l'intérieur, une à l'extérieur. Ceux-ci semblaient offrir de la résistance. Il voulut les arracher, mais ceux-ci semblaient trop bien fixés. Il fouilla une de ses poches et en sortit un canif, il en sortit la lame, l'approcha du premier bouton, pressa le côté tranchant contre la couture, il fit sauter la première résistance, il approcha sa lame du deuxième bouton.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:53

Elle ressentit des lancements dans son épaule, puis ce fut l'explosion de souffrance à nouveau. Le dessin s'étendait à son cou, à sa poitrine, s'étirait partout sur le reste de son corps, accélérant à chaque seconde sa progression douloureuse. Elle ressentit la brûlure au niveau de ses côtes, la douleur devint intolérable, c'était comme si on lui versait du métal fondu à l'intérieur du corps. Il y eut plusieurs craquements qui la mirent au supplice. Elle émit un râle gutturale et profond, et se cambra, elle était secouée de spasmes.

L'homme en était au dernier bouton.
Pourquoi elle voulait pas se tenir tranquille. Il lui plaqua les épaules au sol, son arme toujours dans la main, il la gifla pour qu'elle se tienne tranquille, elle se mit à hurler telle une démente. Qu'est-ce qui pouvait bien lui prendre, où avait-elle trouvé cette nouvelle énergie pour remuer autant et crier aussi fort. Le son qui émanait d'elle était inhumain, comme une bête mortellement blessée souhaitant terroriser la mort venant la chercher.
Il vit alors des étincelles qui jaillissaient sur le cou de sa victime. Il ne comprit pas.
« C'est quoi c'te merde??? »
Il voyait le dessin qui commençait à poindre dans le cou, par petites tâches, et qui progressait vers la mâchoire.

Il tendit sa main, effleurant du doigt le dessin à la base du col, et remonta vers les crépitements. Une étincelle jaillit sous son doigt. Il ressentit un picotement désagréable, comme s'il venait de se prendre une petite décharge d'électricité. Il eut un sursaut de surprise, il regarda son doigt, l'étincelle y brillait s'éteignant paisiblement. Il regarda à nouveau sa victime d'un air interrogateur. Celle-ci le dévisageait, un air de terreur et de folie due à la souffrance sur son visage. Il reporta son attention à son doigt. La lueur disparut.
« Bordel... Y s'passe quoi là??? »

Puis il ressentit une décharge extrêmement puissante lui traverser le corps. C'était comme s'il venait de se prendre une ligne haute tension sur la tête. Il resta paralysé un quart de seconde, tous ses muscles comme figés, puis ceux-ci se contractèrent tous de concert, tous sous l'effet de crampes.
C'était la torture. Il sentait le métal de son couteau qui chauffait anormalement. La fille eut un nouveau spasme, qui lui releva le haut du corps, elle poussa une plainte horrible.
Les crampes cessèrent, le métal du couteau semblait s'être mit à bouillir, sa peau semblait fondre, se consumer, il ouvrit la main, pour lâcher l'arme, mais celle-ci restait collée à sa chaire, le métal fondait sur lui, le liquide s'infiltrait dans ses veines. Affolé, il se jeta en arrière, essayant de s'éloigner, repoussant la gamine de ses pieds et s'aidant de sa main valide pour se traîner plus loin.Il avait à peine eut le temps de reculer de quelques centimètres que l'explosion eut lieu. Le couteau s'était désintégré, créant un puissant souffle.

La déflagration le projeta vers l'autre bout du local. Sa main ne lui faisait plus mal, s'était son bras maintenant.
Il regarda son moignon. Son moignon!!!
« Putain!!! C'est quoi ce truc!!! »
Il se mit à pleurer, de douleur, de colère, de rage. Ne comprenant pas ce qui venait tout juste de se passer. Il regarda Hela. Les spasmes semblaient s'être calmés, bien qu'elle était encore secouée de forts tremblements. Elle rampait vers un conteneur, poussant un grognement à chaque mouvement.
Ses pensées, déformées par l'horreur, la souffrance et la colère semblèrent s'éclaircir.
Il se mit à quatre patte et avança, presque rampant vers elle, aussi rapidement que possible.
« Salope!!! C'est de ta faute!!! Qu'est-ce que t'as fait à ma main!!! Rends la moi!!! J'vais te buter!!! »
Il parlait hargneusement, mais sa voix vacillait, trépidante de sanglots.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Mer 28 Nov - 6:54

Elle avait de plus en plus mal, l'homme s'était éloigné, et il y avait eu ce bruit. Elle ne comprenait plus rien. On aurait dit une explosion, ou un coup de feu. Peut-être que quelqu'un l'avait entendue, avait appelé la police. Oui, ça devait être ça, la police. Ils avaient tiré sur l'homme et l'avaient éloigné. Ils allaient s'occuper d'elle maintenant. La soigner. Ils l'emmènerait à l'hôpital. Ce serait son miracle de Noël, elle aurait été sauvée à la dernière minute.

Elle ne réfléchissait plus, la brûlure continuait à s'étendre, mais la douleur s'atténuait là où ses os avaient été fracassés, là où ses dents avaient été brisés, là où sa peau s'était déchirée sous les coups, des ondes de chaleur la traversaient, elle se sentait bien, son corps se détendait, son coeur se calmait, la fréquence des battements redescendait à un rythme plus normal. Et rouvrit les yeux, sa vue avait regagné en netteté, mais un voile flou persistait encore. Sa première vision fut celle du serpent doré, sous les poubelles.

A ce moment elle entendit à nouveau l'homme hurler, comme hystérique, délirant. Elle l'entendait, le sentait se rapprocher à nouveau. Il semblait irradier d'horreur, d'un mélange de peur, de colère froide et de démence. Quiconque l'aurait vu à ce moment aurait été terrifié de l'aura qu'il dégageait. Il semblait crépiter de brutalité, brûler, se consumer d'un feu à la noirceur absolue.
Hela le savait, le ressentait au plus profond d'elle-même. La terreur s'empara d'elle à nouveau. Que faisaient donc les policiers??? Pourquoi n'avaient ils pas arrêté ce fou furieux???

L'homme avait déjà couvert la moitié de la distance les séparant quand elle fut prise d'une froide détermination, une détermination sans limite, qui aurait pu ébranler, fracasser le plus solide des barrages, vaincre le plus puissant des guerriers.
Elle ne comprenait pas d'où venait cette nouvelle force ni les raisons qui la poussaient à agir ainsi, mais elle se mit à ramper, de toute ses forces, puisant dans chaque parcelle d'énergie que son corps possédait encore, dépassant ses dernières limites, fournissait un dernier effort dans un geste désespéré autant qu'inutile.

Elle rampait, poussant sur ses jambes encore parcourues par la brûlure et par les crampes, tirant sur ses bras dont la peau semblait à vif et dont les muscles étaient encore secoués de spasmes.
Elle rampait, pour s'éloigner de l'homme, pour gagner quelques secondes, pour se rapprocher du bracelet , si étrange, si curieux, si magnifique, si formidable.
Si elle devait mourir, elle voulait au moins avoir une chance de se défendre. Et pour on ne sait quelle raison, elle pensait que le serpent l'aiderait.
Cela pourrait paraître étrange, cela lui aurait paru étrange, inconcevable en un tout autre moment, ou s'il elle avait été spectatrice de sa propre agression, mais à ce moment ci, rien n'aurait pu lui paraître étrange.

Elle sentait au plus profond d'elle même que sa vie en ce monde allait être écourtée si elle n'agissait pas, et quelque chose lui soufflait que c'était ce qu'il fallait faire pour survivre. Tout son corps le criait.
Elle atteignit enfin le conteneur, l'homme était presque arrivé à son niveau. Elle tendit le bras, dépliant ses doigts, grimaçant de douleur, afin d'atteindre le bijou. L'homme, s'accroupit et l'attrapa par le dos de sa veste avec sa main restante. S'apprêtant à la projeter violemment contre le sol ou contre un mur. A ce moment précis, elle effleura à nouveau la tête du reptile.

Se doigts se serrèrent. L'homme essaya violemment de la tirer en arrière. Elle sentit le bijou lui échapper, glisser entre ses doigts, glisser dans son poing fermé. Mais il ne glissait pas vers le sol. Il remontait le long de son bras, se faufilant, rampant, grimpant, remontant son avant bras comme un véritable serpent l'aurait fait le long d'un arbre. Il semblait être vivant, animé. Sur son passage il laissait une sensation de brûlure plus intense encore, plus cuisante que celle qu'elle avait ressentit lorsque son corps s'était couvert de ces étranges dessins. La sensation de douleur restait une fraction de seconde puis disparaissait, comme si elle n'avait jamais eu lieu.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Jeu 6 Déc - 5:28

Arrivé à hauteur de son épaule, il s'immobilisa, puis elle eut l'impression qu'on venait de lui planter un poignard dans le bras. Il avait mordu, déchirant tout jusqu'au muscle, et passant par l'ouverture ainsi créée, il se faufilait sous la peau, redescendant lentement, en s'enroulant à nouveau autour du bras. Sa tête allait arriver à hauteur du coude quand il s'immobilisa à nouveau. Il se mit à irradier, comme si le métal était en train de fondre. Elle sentait le métal bouillonnant lui ronger les chaires,
son bras semblait en feu.

L'homme pendant ce temps avait continué à la tiré en arrière par à-coups. Il essaya de la soulever, pour pouvoir la jeter plus violemment contre le coin de la poubelle. Il la bourrait de coup de pieds et de genou, mais chaque fois qu'il frappait, il avait l'impression de heurter un mur d'acier. A chaque impact une onde de douleur le traversait, vibrant dans ses os et articulations. Il se faisait certainement plus mal qu'il ne blessait la jeune fille.
Plus il s'acharnait, plus il souffrait, mais rien n'aurait pu l'arrêter à ce moment précis. Rien à part ce qui ce produisit.

Il lui attrapa le bras sur lequel le serpent s'était fixé, ils sentit aussitôt la chaleur qui s'en dégageait, pire que n'importe quel four de l'enfer.
Le tissu de la veste fondait sous l'effet de la chaleur. Avant qu'il ne puisse retirer sa main, le bras de la jeune fille s'enflamma violemment. Partant de l'endroit où le tissu avait fondu pour s'étendre jusqu'à l'épaule, et à la main.
Il retira vivement ses doigts du brasier, des cloques s'étaient formé sur ceux-ci et sur sa paume, la peau avait noirci par endroits.
Il recula, la regardant s'embraser, le regard fou, ne comprenant plus rien.

Elle hurla. Non pas de douleur, mais de terreur. Elle ressentait la chaleur, mais pas de brûlures.
Le feu s'étendit à tous ses vêtements, la transformant en véritable torche humaine.
Les flammes atteignaient maintenant 2 mètres de haut et formaient une barrière infranchissable d'un mètre autour d'elle. La chaleur faisait roussir puis noircir tout objet à moins de 3 mètres, le plastique sifflait et se recroquevillait, puis s'enflammait à son tour.

L'homme recula de cinq mètres, la chaleur était encore insoutenable à cette distance là.

Elle brûlait mais ne se consumait pas, au contraire, la chaleur semblait bien-faisante, attirante. Le feu qui l'entourait semblait animé de sa propre vie. Les derniers lambeaux de ses vêtements se calcinaient, laissant par endroit une couche de cendres fines et de suie d'un noir de jais sur elle, formant comme une deuxième peau, cachant en partie sa nudité. Cette couche commença à se désagréger. Laissant apparaître son bras droit.

Le serpent avait fait brûler la couche d'épiderme le recouvrant, laissant un sillon noirâtre, calciné et craquelé, s'enroulant autour du bras, descendant de l'épaule jusqu'à hauteur du coude. Ce sillon de chaires brûlées recouvrait parfaitement le bracelet, qui avait retrouvé sa forme originelle. Elle sentait le serpent pulser sous sa mue, de plus en plus faiblement.

Elle se releva, contemplant ses mains enflammées, entre effroi et ébahissement, terrorisée mais subjuguée par le spectacle de son corps enflammé qui ne voulait pas se consumer ni subir aucune trace ou sensation de brûlure. Plus les pulsations du serpents s'espaçaient, plus la vigueur des flammes s'intensifient, jusqu'à redoubler.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Jeu 6 Déc - 5:29

Plus rien...

La couvaison, ou l'hibernation, était terminée. La transition pouvait commencer.
Le feu diminuait d'intensité, pour se réduire à des flammes d'une trentaine de centimètres. La chaleur infernale se dissipa. Toute la neige dans un rayon de cinq mètres avait fondu.
Les flammes diminuèrent encore, vacillèrent, puis soufflées par un courant d'air gelé, s'éteignirent.
La croûte carbonisée et morcelée qui enveloppait l'animal se désagrégea, morceau par morceau. De charbon à cendres, de cendres à poussières. Se détachant lentement et s'écoulant vers le sol tel du sable fin s'écoulerait hors d'un récipient percé. Attirés par la gravité, balayés par le moindre souffle ou vent de passage. Se dérobant petit à petit, laissant poindre l'or.

Une tâche dorée pointait sous les chaires martyrisées, puis une autre, révélant au fur et à mesure le bijou. Celui-ci enserrait puissamment son bras, comme s'il cherchait à étouffer sa proie après l'avoir
enlacée. L'or s'était fondu dans les chaires, ne faisait plus qu'un avec le bras, la peau.
Le bracelet ressortait comme s'il avait été enfilé normalement, mais s'était irrémédiablement attaché à la peau, aux muscles, et au bras. Ne ressortant qu'à moitié, comme s'il s'était creusé un sillon sur son passage. Seul son dos et sa tête émergeait hors de la peau, comme un crocodile ou un python ressortirait de l'eau lorsqu'il vient flotter à la surface.

Il était véritablement enchassé, devenu partie du corps, organe de la jeune fille.
Elle le ressentait, sentait la pression qu'il exerçait, mais pas comme on ressent un corps étranger, plutôt comme on ressent une partie de soi, un de ses organe. L'objet pulsait sourdement à nouveau, envoyant des décharges d'énergies à travers son corps. Pas des décharges douloureuses, mais plutôt bienfaisantes. Comme lorsqu'on ressent une montée d'adrénaline. Un sentiment de puissance qu'elle n'arrivait pas à expliquer la parcourait.

Le serpent faisait partie d'elle désormais, elle le ressentait, il était devenu organe vecteur de cette nouvelle puissance, du moins c'est ce qu'elle interprétait des informations que son corps lui fournissaient, informations qui affluaient en quantité dans son cerveau. Une masse d'information capable d'abrutir toute un équipe des meilleurs scientifiques sur terre pendant des années affluaient dans son cerveau, mais cela ne paraissait même la déconcerter.
Elle avait beaucoup de mal à faire le tri parmi ce fatras de données, mais le refus de son cerveau de lui accorder l'accès à son entière capacité de réflexion n'avait pas l'air de l'étonner.

Il se révéla enfin entièrement. L'air commença à crépiter dans tous les sens, des arcs électriques apparurent le long du corps de Hela, reliant ses bras et le bout des doigts au bassin, aux jambes et aux pieds par des éclairs aux nuances violacées ou hortensia, auréolant sa tête de courbes bleutées.
Des éclairs fusèrent dans tous les sens. Un premier frappa un compteur électrique qui explosa dans une gerbe d'étincelles, puis un deuxième frappa le sol, creusant un étroit mais profond cratère là où il avait frappé.

De minuscules arc se formaient tout autour d'elle, la reliant au sol, aux murs, aux conteneurs et aux divers objets l'entourant. Certains, plus puissants forts que d'autres, pour la plupart éphémères, faisaient fondre, brûler, exploser ou se carboniser tout ce qu'ils frappaient. D'autre frappaient systématiquement toute installation électrique à proximité, qu'elles soient cachées à 10 mètres sous le sol, cloisonnées derrière un mur épais et solide, ou qu'il s'agisse du la petite ampoule fixée au-dessus de la porte d'accès au magasin. Ceux-là semblaient se fixer, malgré quelques tressautements, crépitements ou distortions. Ils faisaient fondre le plastique, exploser le verre et rougir le métal conducteur. Une fois fixés, ils ne voulaient plus lâcher leur proie, comme s'ils se nourrissaient, s'abreuvaient de l'électricité qui passait par ces conduits électriques.
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MessageSujet: Re: Planeta Incognita   Jeu 6 Déc - 5:29

L'homme s'était collé au mur, il sentait des sueurs froides lui parcourir le dos. Il était émerveillé et terrorisé à la fois par ce spectacle plus étrange encore que celui auquel il avait pu assister quelques secondes auparavant.. Une forme de boule d'énergie commençait à se former autour de la gamine, comme une bulle protectrice, constamment nourrie par des éclairs jaillissant du corps de celle-ci mais aussi par les arcs électriques qui la reliait à son environnement. Plus l'énergie affluait, plus la boule se densifiait, devenant aveuglante. Il s'étonna de ne pas avoir été touché encore.

Hela n'en croyait pas ses yeux. Comment pouvait elle être frappée par de telles décharges et ne pas mourir électrocutée. Elle avait l'impression d'être à l'origine de ce phénomène. Tout passait, était canalisé par son corps. Le ciel au dessus du magasin noirci, illuminé par moments de flash lumineux traversant les nuages la surplombant. Puis un premier éclair la toucha. Trait lumineux reliant le ciel et la terre. La boule double, tripla de volume. Elle voyait l'homme qui tentait de s'éloigner au maximum de cette sphère mortelle, jusqu'à être acculé dans le coin opposé.

Juste au moment de l'impact de l'éclair, les lumières de la ville vacillèrent. Une partie des barres d'immeubles s'éteignit, pour se rallumer aussitôt dans un clignotement étrange. Un deuxième éclair s'abattit. Toutes les lumières de la ville disparurent, comme absorbées par le néant. Les arcs reliant Hela aux installations électriques se firent plus puissant. Le métal de celles-ci se mit à blanchir sous la surcharge. La sphère augmentait de seconde en seconde.

Une impression de légèreté s'empara d'elle. Elle baissa la tête, tournant son regard vers le sol. Ses pieds se détachèrent du bitume. De quelques millimètres d'abords. Un nouvel éclair. La région entière se retrouva plongée dans le noir. Les fils métalliques furent arrachés au sol et aux murs. Se tortillant tels des vers agonisant, pointant vers la sphère, il déversaient leur énergie vers celle-ci. Le métal se mit à brûler, produisant une intense chaleur et éclatant en un feu d'artifice étincelant.

Elle flottait désormais, à un mètre du sol environ, emprisonnée dans ce globe énergétique qui, de seconde en seconde se densifiait. Elle leva ses paumes de mains à hauteur de ses hanches, tournées vers l'extérieur, son regard se fixa et se perdit sur celles-ci, comme en pleine contemplation. Elle ne bougeait plus, comme statufié dans cette position.

Les divers arcs et décharges électriques qui la nimbaient se fondirent en plusieurs arcs de taille supérieure, assimilant toute l'énergie qui se déchaînait autour. Secondes après secondes, ils grossissaient, s'absorbant les uns les autres, puis migraient vers l'extérieur, comme s'ils cherchaient à s'échapper de la boule, sans pour autant réussir, créant ainsi une bulle dont la jeune fille était le centre.

Un nouvel éclair, et toutes les lumières du pays vacillèrent.
La boule avait cessé de grandir, sa taille avait même diminué quelque peu, concentrant toute l'énergie accumulée sur ses parois.

Un nouvel éclair...

La boule se referma, devenue complètement hermétique. La saturation d'énergie était devenue tellement dense qu'elle formait une couche de plasma bleuté, d'une épaisseur de dix centimètres environ, qui semblait formé d'eau, ou plutôt d'électricité liquide, et qui recouvrait intégralement la sphère de vide dans laquelle Hela flottait.. La surface de la bulle se comportait d'ailleurs comme se comporterait la surface d'un lac. Parcourue de petites ondulations, bosses, vagues et creux minuscules. Elle brillait comme brillerait une eau azur éclairée de loin par un projecteur. Couvertes de nombreuses nuances. D'un bleu plus ou moins profond selon si on observait plutôt l'un des creux ou l'une des bosses qui en recouvraient la surface.
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